Deux systèmes, une seule personne
Le changement commence au niveau cognitif : une nouvelle perspective, un cadre différent, une décision qui se précise. Mais ce changement ne se répercute pas toujours sur le corps. La phrase « Je comprends, mais je n'y arrive pas » illustre parfaitement cela.
Le fossé entre la connaissance et le comportement, que nous avons abordé dans un article précédent, est à l’origine de ce décalage. Et c’est en grande partie au niveau corporel que ce fossé se comble.
L’intégration du coaching et de la conscience somatique ne vise donc pas seulement à être « plus holistique » : elle repose sur un fondement neuroscientifique expliquant par quel mécanisme le changement opère.
Le système sur lequel repose le coaching
Le coaching traditionnel est en grande partie descendant — il passe par le langage et la cognition. On pose des questions, on fait émerger des hypothèses, on élargit la perspective, on établit un engagement. Ce système fait la part belle au cortex préfrontal : planification, évaluation, production de sens.
C’est efficace. Mais le cortex préfrontal n’est pas le seul système décisionnel. Les recherches de Damasio sur les marqueurs somatiques démontrent la contribution indispensable des signaux corporels au processus décisionnel. Le fonctionnement isolé du système décisionnel analytique, sans l’implication des émotions et du corps, réduit la qualité des décisions.
La contribution de la conscience somatique
La conscience somatique ajoute un point d’entrée ascendant au processus de coaching. Elle permet d’accéder à la mémoire implicite, à l’apprentissage corporel et au système interoceptif.
Exemple pratique : la question « Que ressentez-vous lorsque vous réfléchissez à cette décision de carrière ? » ne peut susciter qu’une réponse cognitive. La question « Que se passe-t-il dans votre corps lorsque vous réfléchissez à cette décision de carrière ? » active quant à elle le système interoréceptif. La deuxième question permet souvent d’accéder à des informations que la première ne permet pas d’obtenir — une tension dans le ventre, une sensation d’ouverture dans la poitrine, un alourdissement soudain des épaules.
Ces signaux corporels fournissent des données supplémentaires au processus décisionnel. L’hypothèse du marqueur somatique de Damasio montre que ces données sont tout aussi cruciales pour la qualité de la décision que l’évaluation cognitive.
La pérennité du changement
Des recherches expliquent pourquoi le changement cognitif reste parfois superficiel : le système de mémoire implicite n’est pas affecté par le processus cognitif. Ainsi, même si la pensée change, le schéma corporel peut rester le même.
Les travaux de Peter Levine sur l’expérience somatique et les recherches sensori-motrices de Thomas Hanna aboutissent à la même conclusion : pour qu’un changement soit durable, il doit également s’opérer au niveau corporel. La prise de conscience cognitive est nécessaire, mais elle ne suffit pas.
Lorsque la conscience somatique est intégrée au coaching, le changement s’opère à la fois au niveau cognitif et corporel. Cela rend ce changement plus durable.
L’approche de Cevvela
Le travail de coaching de Cevvela met concrètement en œuvre cette intégration. À chaque séance, les signaux corporels sont systématiquement intégrés à l’entretien. « Qu’est-ce qui s’est passé dans votre corps lorsque vous avez dit cela ? » — cette question fait partie des questions habituelles du coaching.
Il ne s’agit pas de thérapie somatique. Ce n’est pas une intervention clinique. C’est une intégration qui intègre les données corporelles au processus de coaching — et les fondements neuroscientifiques de cette intégration sont solides.
« Le coaching transforme l’esprit. Lorsque le corps est pris en compte, le changement va beaucoup plus en profondeur. » > Adapté des recherches sur la cognition incarnée
Le point de vue de Cevvela
- Le coaching fonctionne de manière descendante (cognition, langage, sens), tandis que la conscience somatique fonctionne de manière ascendante (mémoire implicite, intéroception) — les deux sont complémentaires.
- Le changement cognitif peut ne pas atteindre le système de mémoire implicite ; le travail au niveau corporel comble cette lacune (Levine ; Hanna).
- Les recherches de Damasio sur les marqueurs somatiques montrent que l’intégration des données corporelles dans le processus décisionnel est tout aussi cruciale que l’évaluation cognitive.
- La question « Que se passe-t-il dans votre corps ? » active le système interoceptif et va au-delà de l’accès cognitif.
- Cevvela met en œuvre cette intégration non pas comme une intervention clinique, mais comme un accompagnement axé sur le développement et soutenu par la conscience somatique.
{{contact}} Pour discuter de ce sujet avec Cevvela {{/contact}}
