Si l'on disposait de suffisamment d'informations
Tout le monde sait qu'il faut manger plus sainement. Chacun sait qu'il faut dormir davantage, remettre moins de choses à plus tard et avoir des discussions difficiles. Et pourtant, la plupart des gens ne le font pas.
Ce n'est pas un manque de volonté. Les informations et les comportements sont traités par des systèmes distincts.
Deux systèmes, deux logiques
Le modèle des systèmes 1 et 2 de Daniel Kahneman (Thinking, Fast and Slow, 2011) explique ce fossé.
Le système 2 est lent, conscient, analytique. C’est là que l’information est traitée : « L’exercice est bon pour la santé, je dois en faire. »
Le système 1 est rapide, automatique, basé sur les habitudes. La majeure partie du comportement provient de là : les déclencheurs d’une routine bien précise avant le café du matin, le fait de manger automatiquement en situation de stress, le réflexe de procrastination.
L’information parvient au système 2. Mais l’habitude ancrée dans le système 1 ne change pas. C’est pourquoi la décision « je vais enfin m’y mettre » ne suffit souvent pas.
Les intentions de mise en œuvre
Peter Gollwitzer a mis en évidence une différence cruciale dans ses recherches sur les « intentions de mise en œuvre » (Implementation Intentions, 1999) : Passer de l’intention « Je vais faire de l’exercice » à la formulation concrète « Je quitterai la maison à 7 h les lundis, mardis et jeudis » triple le taux de réalisation du comportement.
Pourquoi ? Parce qu’un plan concret crée un déclencheur qui met en marche le système 1. Lorsque « lundi matin à 7 h » arrive, le cerveau n’a pas à prendre de décision — le plan est déjà prêt.
Cela peut sembler être une petite différence. Mais les données montrent un impact considérable.
Le cycle des habitudes selon James Clear
Le cadre présenté par James Clear dans son ouvrage Atomic Habits (2018) : les comportements fonctionnent selon des cycles composés d’un déclencheur, d’une routine et d’une récompense. Pour rompre avec une vieille habitude, il faut intervenir à n’importe quel maillon de ce cycle — il ne suffit pas de se dire « je vais le faire ».
Le rôle du coaching dans ce fossé
Le coaching intervient à ce stade critique à travers deux mécanismes :
Une structure de responsabilisation : un ancrage externe est ajouté au système. La question « As-tu abordé ce sujet lors de la prochaine séance ? » sert de pont reliant l’intention à l’action.
Planification concrète de la mise en œuvre : la question « Quand, où et dans quelles conditions vas-tu le faire ? », plutôt que « Que vas-tu faire ? », sert de déclencheur pour le système 1.
« Savoir, c’est la première étape. Mais le changement commence à la deuxième étape : concrétiser quand et comment tu vas le faire. » > Adapté de Peter Gollwitzer, Implementation Intentions, 1999
Le point de vue de Cevvela
- Le fossé entre la connaissance et le comportement n’est pas un problème de volonté ; c’est le résultat du fonctionnement différent de deux systèmes cérébraux distincts (Kahneman, 2011).
- Passer de l’intention « que vais-je faire ? » à la concrétisation « quand, où, comment » multiplie par trois le changement de comportement (Gollwitzer, 1999).
- Intervenir sur le cycle de l’habitude est un processus différent de celui de la « prise de décision » : il faut prendre en compte à la fois le déclencheur, la routine et la récompense (Clear, 2018).
- Le coaching comble ce fossé grâce à un cadre de responsabilisation et à une planification concrète.
- Ce mécanisme est l’une des conclusions fondamentales expliquant pourquoi le coaching fonctionne.
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