Psychologie de la procrastination et coaching
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Cevvela·6/1/2026·7 min de lecture

Psychologie de la procrastination et coaching

La procrastination n'est pas de la paresse

L'explication la plus courante de la procrastination : la paresse, l'indécision, le manque de discipline. Cette explication est à la fois erronée et stérile.

Les recherches de Fuschia Sirois et Timothy Pychyl définissent la procrastination différemment : un échec de la régulation émotionnelle (Procrastination, Health, and Well-Being, 2016). Une personne procrastine pour éviter les émotions négatives liées à une décision — incertitude, peur de l'échec, anxiété face au jugement des autres. Procrastiner procure un soulagement immédiat. Mais à long terme, le coût augmente.

Comprendre ce mécanisme permet de porter un regard différent sur la procrastination. Le problème n’est pas la volonté, mais l’émotion.

Quelles émotions déclenchent la procrastination ?

La procrastination cache généralement plusieurs émotions :

La peur de l’échec : « Que se passera-t-il si je prends la mauvaise décision ? » Cette peur empêche le risque de se concrétiser en suspendant la décision — du moins pour le moment.

L’angoisse d’être jugé : la décision sera exposée aux yeux des autres. La crainte d’être jugé alourdit la prise de décision.

L’intolérance à l’incertitude : prendre une décision sans disposer de toutes les informations perturbe le système nerveux. « Je vais attendre encore un peu » résout temporairement ce malaise.

La peur de la perte : les recherches de Kahneman sur l’aversion à la perte (Thinking, Fast and Slow, 2011) montrent que la perte est ressentie comme environ deux fois plus forte que le gain. Prendre une décision implique toujours de perdre quelque chose. Cette asymétrie alimente la procrastination.

Comment le coaching intervient-il dans ce mécanisme ?

Le coaching intervient à deux niveaux dans la procrastination décisionnelle.

Premier niveau — rendre visible : la question « Qu’est-ce que le fait de repousser cette décision t’apporte ? » fait remonter à la surface la fonction de la procrastination. Une fois que l’émotion sous-jacente est nommée, elle perd automatiquement de son pouvoir.

Deuxième niveau — abaisser le seuil : la grande décision est divisée en petites étapes. La question « Quelle petite avancée peut-on faire cette semaine à ce sujet ? » rend l’émotion gérable.

La différence entre la procrastination et l’indécision

L’indécision est parfois légitime : on a besoin de plus d’informations, les conditions évoluent, l’attente est stratégique. Il s’agit d’un choix conscient.

La procrastination, en revanche, consiste à repousser une décision dont on sait qu’elle doit être prise, dans le but d’éviter un malaise émotionnel. Distinguer ces deux notions est l’une des premières étapes du processus de coaching.

« La procrastination ne vise pas à éviter un échec futur, mais à échapper à un malaise présent. » > Fuschia Sirois, Procrastination, Health, and Well-Being, 2016

Le point de vue de Cevvela

  • La procrastination n’est pas un manque de volonté ; c’est un mécanisme d’évitement émotionnel (Sirois & Pychyl, 2016).
  • La peur de l’échec, l’angoisse d’être jugé, l’intolérance à l’incertitude et la peur de la perte sont les déclencheurs les plus courants.
  • Le coaching agit en rendant visible l’émotion sous-jacente à la procrastination et en décomposant la décision en petites étapes.
  • La première étape du processus consiste à faire la distinction entre la procrastination et le fait de ne pas prendre de décision en toute conscience.
  • Lorsque l’émotion est nommée, son pouvoir automatique s’affaiblit — c’est la caractéristique fondamentale de ce mécanisme psychologique.

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