Comment surmonter le sentiment de « ne pas être à sa place au travail » ?
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Cevvela·6/1/2026·7 min de lecture

Comment surmonter le sentiment de « ne pas être à sa place au travail » ?

Ce sentiment ne signifie pas toujours la même chose

Le lundi matin, ce sentiment surgit : « Je ne veux pas aller là-bas. » Cette phrase peut trouver son origine dans trois sources différentes, et chacune d’entre elles nécessite une réponse différente.

Premièrement : le travail ne me convient vraiment pas. Il y a un décalage profond avec mes valeurs, mes points forts ou mes priorités dans la vie.

Deuxièmement : ce n’est pas le travail, mais le contexte qui ne convient pas. Le responsable, l’équipe, la culture d’entreprise ou un domaine de responsabilité spécifique posent problème. Ce n’est pas le travail en soi, mais l’environnement dans lequel il s’inscrit.

Troisièmement : un épuisement passager. Une période difficile, une crise personnelle ou simplement le fait de ne pas avoir pris de vacances depuis longtemps. Cet état est temporaire.

Les décisions de changer de travail prises sans distinguer ces trois cas de figure reproduisent souvent le même sentiment dans le nouvel environnement.

Job Crafting : ce qu’il faut essayer avant de se lancer

Amy Wrzesniewski a mené des recherches sur le travail et le sens à l’université de Yale. Elle a développé le concept de « job crafting » : augmenter la satisfaction grâce à de petits ajustements sur trois dimensions, sans modifier complètement le poste actuel (Job Crafting, 2001).

Dimension des tâches : consacrer davantage de temps aux tâches les plus stimulantes, réduire ou déléguer celles qui sont épuisantes.

Dimension relationnelle : passer plus de temps avec les personnes avec lesquelles on tisse des liens significatifs au travail, prendre ses distances par rapport aux relations qui nous affaiblissent.

Dimension du sens : recadrer la manière dont le travail accompli contribue à quelque chose de plus grand.

Lorsque ces trois ajustements fonctionnent de concert, le problème est souvent résolu sans changer d’emploi. Et parfois, c’est l’inverse : lorsque l’on tente le « job crafting », les éléments qui ne peuvent être modifiés apparaissent clairement, ce qui renforce la décision de changer réellement d’emploi.

L’illusion de l’attention

Le concept d’« illusion de l’attention » de Daniel Kahneman apporte un avertissement crucial dans ce processus (Thinking, Fast and Slow, 2011) : lorsque nous nous concentrons sur quelque chose, nous pensons que cette chose a plus d’impact qu’elle n’en a réellement.

Lorsque la pensée « je ne suis pas à ma place » s’installe, le travail commence à apparaître comme la source de tous les problèmes. Mais cela peut être l’effet de cette illusion de focalisation. Lorsque l’on change de travail, cette même insatisfaction se voit attribuer une nouvelle étiquette : un nouveau responsable, une nouvelle ville, de nouvelles conditions.

La source du problème se trouve-t-elle au travail ou ailleurs ? Pour répondre à cette question, il faut d’abord se tourner vers sa vie en dehors du travail.

Questions pour y voir plus clair

Trois questions permettent de décrypter ce sentiment :

« Qu’est-ce que j’apprécie le plus dans mon travail actuel ? » Cette réponse met en évidence ce qu’il faut préserver.

« Qu’est-ce qui m’épuise le plus dans ce travail ? » Cette réponse soulève la question de savoir si cela peut être changé ou non.

« De quoi ai-je le plus besoin à cette période de ma vie ? » Cette réponse aligne le cadre d’évaluation sur les priorités personnelles.

« Les gens vivent le même travail objectif de manière très différente. La différence ne réside pas dans le travail lui-même, mais dans le cadre de signification. » > Adapté de Amy Wrzesniewski, Job Crafting, 2001

Le point de vue de Cevvela

  • Le sentiment de « ne pas être à la bonne place » peut provenir de trois sources différentes : une incompatibilité profonde, un problème de contexte ou un épuisement passager. La réponse varie en fonction de la source.
  • Le « job crafting » est un outil à essayer avant de changer de travail ; il permet parfois de mettre en évidence que le problème n’est pas profond (Wrzesniewski, 2001).
  • L’illusion de focalisation donne l’impression que tous les problèmes proviennent du travail lorsque l’on se concentre uniquement sur celui-ci (Kahneman, 2011).
  • Lorsque l’alignement avec les valeurs, les points forts et les priorités actuelles de la vie est clarifié, la décision de changer de travail repose sur des bases plus solides.
  • Le coaching peut être utilisé dans ce processus pour identifier la source de ce sentiment, envisager les possibilités d’adaptation du poste (« job crafting ») et clarifier les fondements de la décision.

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