Pourquoi c'est plus difficile tout seul
« Je peux y arriver tout seul » est souvent vrai. Mais des études montrent que le fait d'avoir à rendre des comptes accélère considérablement le changement.
Gail Matthews a mené une étude sur la réalisation des objectifs à l’Université dominicaine de Californie (2015). L’effet le plus marqué a été observé parmi cinq groupes : le groupe qui avait noté ses objectifs et partagé un rapport hebdomadaire sur ses progrès a affiché un taux de réussite supérieur de 33 % à celui du groupe qui se contentait de réfléchir à ses objectifs.
Cette différence n’est pas négligeable. Et son mécanisme est clair.
Le système de connexion sociale du cerveau
Le cerveau humain est optimisé pour la connexion sociale. Une promesse faite à autrui a plus de poids qu’une promesse faite à soi-même. Cette différence n’est pas culturelle ; elle est neurobiologique.
Les recherches de Matthew Lieberman sur le cerveau social (Social: Why Our Brains Are Wired to Connect, 2013) montrent que le cerveau traite les signaux sociaux avec autant d’intensité que les signaux de survie. « Savoir que quelqu’un attend quelque chose de nous » active ce système.
La responsabilisation n’est donc pas un soutien à la volonté ; c’est un outil structurel qui met en œuvre un système déjà présent dans le cerveau.
La différence entre la responsabilisation et la contrainte
Cette distinction est cruciale : la responsabilisation consiste à recevoir un soutien pour atteindre un objectif que l’on s’est soi-même fixé. La contrainte, quant à elle, consiste à se conformer à une norme imposée de l’extérieur.
La théorie de l’autodétermination de Deci et Ryan montre que cette différence influe directement sur la qualité de la motivation (2000). La responsabilité autonome — « c’est moi qui l’ai voulu, je veux que tu y veilles » — favorise la motivation intrinsèque. La responsabilité imposée, en revanche, peut l’éroder.
Comment fonctionne la responsabilité dans le coaching
Chaque séance de coaching s’ouvre sur un engagement préalable : « Que s’est-il passé la semaine dernière ? » Cette structure remplit trois fonctions à la fois :
Elle maintient l’engagement vivant. Entre les séances, le fait de savoir « j’ai dit cela, il faut y donner suite » entretient la motivation.
Elle rend les progrès visibles. Ce qui s’est passé, ce qui n’a pas fonctionné, quel était l’obstacle — tout cela devient visible.
Elle crée un cycle d’apprentissage. Le cycle d’engagement et de retour d’information se précise un peu plus à chaque séance.
« La responsabilisation est un mécanisme de volonté qui ne nécessite pas de volonté. » > Gail Matthews, adapté de son étude de 2015
Le point de vue de Cevvela
- Le cadre de responsabilité augmente la performance visée de trente-trois pour cent — ce n’est pas une intuition, mais un résultat de recherche (Matthews, 2015).
- Mécanisme : le système de lien social du cerveau entre en action ; une promesse faite à autrui a plus de poids qu’une promesse faite à soi-même.
- La responsabilisation et la pression sont deux choses différentes ; la première favorise l’autonomie, la seconde la compromet (Deci & Ryan, 2000).
- Le coaching met systématiquement en place ce cadre en commençant chaque séance par un engagement préalable.
- Ce mécanisme est l’une des conclusions fondamentales expliquant pourquoi le coaching donne des résultats plus rapides que le travail en solo.
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