La psychologie de la transition vers la retraite
Articles
Cevvela·6/1/2026·8 min de lecture

La psychologie de la transition vers la retraite

Pourquoi la liberté donne-t-elle un sentiment de vide ?

Quand on imagine la retraite, on se fait souvent l’image suivante : on n’aura plus de comptes à rendre à personne, on pourra dormir quand on veut, voyager, s’adonner à ses loisirs. La liberté.

Puis ce jour arrive. Et pour beaucoup de gens, les premières semaines ou les premiers mois s’accompagnent d’un sentiment inattendu : le vide.

Ce n’est ni une coïncidence ni un échec personnel. On ne peut comprendre cette transition sans saisir les fonctions psychologiques que remplit le travail.

Dans quelle mesure le travail était-il une source de tant de choses ?

Pour la plupart des gens, le travail n’est pas seulement une source de revenus. C’est aussi :

Une identité : la réponse à la question « Que fais-je ? ». À cette question, la plus fréquemment posée dans les relations sociales, on avait une réponse habituelle depuis des années. Avec la retraite, cette réponse change, mais on ne sait pas encore par quoi elle sera remplacée.

Structure : l’heure de lever, les réunions, les dates de remise — tout cela structurait la journée et la semaine. Lorsque ce cadre disparaît, la perte de repères temporels est plus difficile à vivre qu’on ne le pense.

Liens sociaux : les relations avec les collègues, les déjeuners, les brèves conversations dans les couloirs. La plupart de ces éléments disparaissent avec le travail.

Sens : apporter sa contribution à quelque chose, faire partie d’un groupe, progresser.

Ces quatre éléments changent simultanément. C’est une transition majeure.

Les trois étapes de Bridges s’appliquent ici aussi

Le modèle de transition de William Bridges (Transitions, 1980) s’applique parfaitement à la retraite. On ne peut pas avancer sans avoir suffisamment vécu la phase de fin. Et lors de la transition vers la retraite, on tente souvent de sauter cette phase : « Il faut fêter ça, je dois être joyeux. »

Mais chaque fin non vécue entraîne un séjour plus long dans la zone neutre. La zone neutre est une période qui donne un sentiment d’informe, de vide de sens et d’absence de structure. Et la durée de cette zone varie d’une personne à l’autre.

Un nouveau départ ne vient pas tout seul. Il faut s’y préparer. Pas sur le plan financier — cela est généralement déjà fait — mais sur le plan psychologique.

Comment retrouver un sens

La logothérapie de Viktor Frankl (Man's Search for Meaning, 1946) définit trois voies comme sources de sens : créer (produire quelque chose), vivre des expériences (beauté, amour, lien) et donner un sens à la souffrance.

À la retraite, le canal de la création se rétrécit car la production professionnelle prend fin. Mais ce canal peut s’ouvrir sous d’autres formes : le bénévolat, le mentorat, l’enseignement, l’art, l’écriture.

Des études montrent qu’un tiers des retraités souffre de dépression ou d’anxiété d’ordre clinique pendant la période de transition. Ce taux diminue nettement chez ceux qui se préparent à cette transition. Cette préparation n’est pas uniquement financière ; elle concerne également l’identité et le sens de la vie.

Préparation psychologique à la retraite

La préparation idéale commence des années avant la date de départ à la retraite. Il s’agit de se créer des sources de sens en dehors du travail, de diversifier son réseau social, d’étendre son identité au-delà de la vie professionnelle. Ce ne sont pas des « préparatifs à la retraite » ; ce sont des choses qu’il faut faire dès maintenant.

Mais même si la retraite est imminente, il n’est pas trop tard. Le modèle de Bridges montre qu’une intervention est possible à chaque étape de la transition.

« La préparation à la retraite n’est pas seulement financière ; elle est psychologique. Et il est difficile d’être en retard pour cette préparation. » > William Bridges, adapté de Transitions, 1980

Le point de vue de Cevvela

  • La difficulté ressentie lors de la transition vers la retraite provient du changement simultané de l’identité, de la structure, des liens sociaux et des sources de sens.
  • Lorsque la phase finale de Bridges est ignorée, la zone neutre s’allonge ; la pression liée à la célébration étouffe cette phase (1980).
  • Environ un tiers des retraités souffre d’une dépression clinique pendant la période de transition ; la préparation réduit considérablement ce taux.
  • Le sens peut être reconstruit : les canaux de création, d’expérience et de lien peuvent s’ouvrir sous d’autres formes (Frankl, 1946).
  • Le coaching peut être utilisé dans ce processus pour vivre la phase de conclusion, traverser la zone neutre et établir les fondements d’une nouvelle identité.

{{contact}} Pour discuter de ce sujet avec Cevvela {{/contact}}

×
×