Articles | Cevvela
Articles
Cevvela·6/1/2026·8 min de lecture

Où le stress s'accumule-t-il dans le corps et comment s'en débarrasser ?

Le stress n'est pas abstrait

La phrase « J'étais très stressé » semble décrire un état psychologique. Mais le stress est également un processus physiologique extrêmement concret.

Robert Sapolsky a mené des recherches sur la biologie du stress à l'université de Stanford pendant plus de trente ans. Dans son ouvrage Why Zebras Don't Get Ulcers (2004), il a mis en évidence la différence fondamentale entre les mécanismes physiologiques du stress aigu et du stress chronique : chez le zèbre, la réponse au stress s'active lorsqu'il fuit un prédateur et le système revient à la normale une fois la menace écartée. L’être humain, quant à lui, déclenche cette même réponse au stress de manière chronique, à travers des scénarios qui tournent en boucle dans son esprit. La réponse physiologique est enclenchée, mais elle ne s’achève pas.

Cette réponse inachevée s’accumule dans le corps.

Les zones où le stress s’accumule

Les recherches en neurosciences et en kinésithérapie identifient de manière cohérente les zones d’accumulation du stress :

Le cou et les épaules (trapèzes) : lors de l’activation du système nerveux sympathique, le réflexe « combat ou fuite » soulève les épaules et fait pencher le cou vers l’avant. Le stress chronique transforme cette posture en une tension musculaire permanente.

Les muscles de la mâchoire (masséter) : Le serrement inconscient des dents et la tension de la mâchoire constituent l’un des signes physiques les plus courants de l’activation du système nerveux sympathique. Le bruxisme nocturne est un signe nocturne de stress chronique.

Le diaphragme et l’abdomen : Sous l’effet du stress, la respiration devient superficielle — on passe à une respiration thoracique. Lorsque le diaphragme est soumis à une tension chronique, cela affecte à la fois la respiration et le système digestif.

Les fléchisseurs de la hanche (psoas) : lorsque le cerveau perçoit un traumatisme ou une menace, le muscle psoas se contracte — en préparation de la réaction de « fuite ». La position assise typique de la vie de bureau renforce cette contraction.

Peter Levine et la réponse inachevée

L’approche de l’expérience somatique de Peter Levine (Waking the Tiger, 1997) complète la découverte de Sapolsky par une observation clinique : après une menace, les animaux achèvent leur réponse au stress par des réactions corporelles telles que des tremblements ou des secousses. Cet achèvement permet de libérer l’énergie accumulée dans le système.

Les êtres humains empêchent souvent cet achèvement — tant par les normes sociales (« retiens-toi ») que par la répression inconsciente. La réponse inachevée reste bloquée dans le corps.

L’approche thérapeutique de Levine vise à accéder à ces réponses inachevées en travaillant avec le corps.

Le cortisol et l’accumulation à long terme

Les recherches de Sapolsky ont mis en évidence les effets physiques à long terme d’un taux élevé chronique de cortisol : suppression du système immunitaire, altération de la qualité du sommeil, perte de neurones dans l’hippocampe (mémoire et apprentissage) et charge cardiovasculaire.

Ces résultats montrent que le stress a un coût non seulement psychologique, mais aussi neurobiologique.

La solution : la capacité d’autorégulation du corps

Les recherches montrent que plusieurs mécanismes sont efficaces pour l’autorégulation corporelle :

Les exercices de respiration : la respiration diaphragmatique active la transition du système sympathique vers le système parasympathique. Ce mécanisme est étayé par les neurosciences (Porges, 2011).

Mouvement conscient : des études randomisées contrôlées ont démontré que le yoga, le qigong et les pratiques de mouvement somatique réduisent le taux de cortisol et la tension musculaire.

Tremblements et secousses : l’approche TRE (Trauma Release Exercises) de Levine et David Berceli vise à activer consciemment le mécanisme naturel d’achèvement des animaux.

« Lorsque la réponse au stress n’est pas achevée, le corps reste en suspens, prêt à faire face à la prochaine menace. » > Peter Levine, Waking the Tiger, 1997

Le point de vue de Cevvela

  • Le stress n’est pas seulement psychologique ; c’est un processus d’accumulation physiologique — il agit par le biais du cortisol, de la tension musculaire et du système nerveux autonome (Sapolsky, 2004).
  • Le stress chronique génère une tension systématique au niveau du cou, des épaules, de la mâchoire, du diaphragme et du psoas.
  • Une réponse au stress inachevée reste en suspens dans le corps ; les travaux de Levine décrivent ce mécanisme et les solutions possibles (1997).
  • La respiration, le mouvement conscient et les pratiques somatiques réduisent le taux de cortisol et la tension musculaire — ce qui est corroboré par des recherches.
  • Dans ce contexte, le coaching peut intégrer des outils somatiques pour identifier les signaux du corps et développer la capacité à les réguler.

{{contact}} Pour discuter de ce sujet avec Cevvela {{/contact}}

×
×