L'intuition ne suffit pas
Le choix d'un coach se fait souvent sur la base de l'intuition : « Il m'a mis à l'aise, il m'a inspiré confiance. » L'intuition n'est pas un élément à négliger complètement. Mais elle ne suffit pas à elle seule.
Des études montrent que la qualité de la relation de coaching — confiance, entente, sécurité psychologique — est bien plus déterminante que la méthode utilisée par le coach. Pour évaluer cette relation, des questions structurées viennent compléter l’intuition.
Le premier entretien n’est pas un moment où l’on donne des informations au coach ; c’est un entretien au cours duquel le coach est évalué. Il est important d’établir cette distinction dès le départ.
9 questions et leur raisonnement
1. « Quelle est votre approche du coaching ? » Le coach est-il capable d’expliquer sa méthode ? Les principes éthiques de l’ICF exigent que le coach communique son approche de manière transparente. Une réponse vague ou générique — « je m’adapte à tout le monde » — n’est pas de bon augure.
2. « Dans quels domaines êtes-vous spécialisé(e) ? » Tous les coachs ne traitent pas tous les sujets avec la même efficacité. Carrière, relations, entrepreneuriat, leadership : son domaine de spécialisation correspond-il à vos besoins ?
3. « Comment se déroule une séance ? Pouvez-vous donner un exemple ? » Pas de descriptions abstraites, mais un exemple concret. Comment le coach pose-t-il ses questions, comment donne-t-il son retour, comment la séance se termine-t-elle ? Un coach incapable de répondre à cette question n’a peut-être pas suffisamment intériorisé son processus.
4. « Combien de séances recommandez-vous et pourquoi ? » Il faut se méfier d’un coach qui donne des garanties — « vous obtiendrez des résultats en 8 séances » —. Chaque processus est différent. Mais répondre « je n’en ai aucune idée » n’est pas non plus utile. Est-il capable de vous orienter en fonction du contexte ?
5. « Pouvez-vous me fournir des références ? » En raison du principe de confidentialité, les noms des anciens clients ne peuvent pas être divulgués. Mais des références anonymes ou des avis rédigés par des personnes ayant fait l’expérience du coaching peuvent être partagés. Un refus catégorique peut être le signe d’un manque de transparence.
6. « Y a-t-il quelqu’un qui vous contrôle ou vous supervise ? » Les normes de l’ICF recommandent aux coachs en activité de bénéficier d’une supervision. Très peu de personnes posent cette question — mais la réponse montre l’importance que le coach accorde à son propre développement.
7. « Y a-t-il des situations où le coaching ne fonctionne pas ? » Un coach honnête connaît ses limites. La réponse « Le coaching est bénéfique pour tout le monde » est à la fois fausse et contraire à l’éthique. Le coach est-il capable de tracer clairement la frontière entre thérapie, conseil et coaching ?
8. « Dans quelle mesure êtes-vous joignable entre les séances ? » Politique de communication entre les séances : e-mail, SMS, situations d’urgence ? C’est important pour la gestion des attentes.
9. « Si vous me demandiez : “Qu’est-ce que j’attends de ce travail ?”, quelle réponse obtiendriez-vous ? » En posant cette question au coach, vous observez en direct la manière dont il pose des questions. Est-il directif, ouvert, curieux ?
Signaux d’alerte
Plusieurs signes peuvent attirer l’attention dès le premier entretien : répondre rapidement « oui » à chaque question, donner des garanties, passer trop tôt en mode « conseil », adopter une attitude du type « je sais ce que vous devez faire ». Ce sont là des signes potentiels indiquant que le coach n’a pas pleinement intériorisé les principes éthiques de l’ICF.
Après le premier entretien
Une fois l’entretien terminé, deux questions peuvent vous aider : « Aurais-je pu aborder un sujet difficile avec cette personne ? » et « Cette personne est-elle capable de me pousser dans mes limites ? ». Si la réponse est « oui » aux deux, la relation repose sur des bases solides.
« Le bon coach n’est pas celui qui te met à l’aise ; c’est celui qui te met mal à l’aise là où il le faut. » > Adapté des principes éthiques de l’ICF
Le point de vue de Cevvela
- La qualité de la relation de coaching est plus déterminante que la méthode ; le premier entretien doit servir à tester cette relation.
- Les 9 questions permettent d’évaluer à la fois la compétence du coach, son attitude éthique et la transparence du processus.
- La certification ICF est nécessaire mais ne suffit pas à elle seule ; le domaine d’expertise et la compatibilité relationnelle sont également essentiels.
- Signaux d’alerte : promesses de résultats, tendance à donner des conseils trop tôt, refus de fournir des références, attitude du type « je peux aider tout le monde ».
- Le premier entretien n’est pas un moment où l’on donne au coach ; c’est un entretien où le coach est évalué.
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