Pourquoi la motivation scolaire diminue-t-elle ?
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Cevvela·6/2/2026·7 min de lecture

Pourquoi la motivation scolaire diminue-t-elle ?

Pourquoi le discours sur la paresse est trompeur

Lorsque la motivation scolaire baisse, la première explication qui vient à l'esprit est toute trouvée : la paresse. Or, cette explication contredit non seulement les recherches en psychologie, mais empêche également de résoudre le problème.

Edward Deci et Richard Ryan ont synthétisé des décennies de recherche dans la théorie de l’autodétermination (Self-Determination Theory, 1985, 2000). Leurs conclusions sont claires : la motivation n’est pas un trait de personnalité, mais une réaction à la satisfaction ou non de besoins psychologiques. Si ces besoins sont satisfaits, la motivation s’épanouit ; s’ils ne le sont pas, elle s’effondre de manière irréversible.

Trois besoins : l’absence d’un seul suffit

Selon Deci et Ryan, trois besoins fondamentaux nourrissent la motivation intrinsèque :

L’autonomie : Être l’acteur de ses propres choix. Le sentiment de dire : « C’est moi qui ai choisi ce cours, c’est moi qui essaie cette méthode ». À l’université, la charge de cours obligatoires, la rigueur du programme et la pression liée aux notes sapent systématiquement ce sentiment.

Compétence : constater que ses efforts portent leurs fruits. Ne pas percevoir de progrès, quel que soit le travail fourni, sape rapidement la motivation.

Relationnalité : Se sentir à sa place, se sentir pris en considération. Se sentir étranger sur le campus, ne pas parvenir à établir de véritable contact avec aucun professeur, être coupé de son cercle d’amis : tout cela ne répond pas à ce besoin.

Si l’un de ces trois éléments fait défaut pendant une longue période, la motivation interne est maintenue à grand-peine par des pressions externes (peur des examens, attentes familiales). Il s’agit d’une solution temporaire. Et cela aboutit souvent à l’épuisement.

L’épuisement académique est un phénomène à part

Le modèle de l’épuisement professionnel de Christina Maslach (Burnout: The Cost of Caring, 1982) s’applique également au contexte universitaire. Il comporte trois dimensions : l’épuisement émotionnel, la désensibilisation et la perte du sentiment d’accomplissement personnel.

Chez les étudiants, cela se manifeste généralement ainsi : assister aux cours sans y être vraiment, lire les notes sans en assimiler aucune, réussir un examen sans savoir pourquoi. Ce n’est pas de la paresse, mais les symptômes d’un trouble de la régulation.

L’expression « ça n’a aucun sens » est en réalité un signe

Viktor Frankl définit la quête de sens comme une motivation humaine fondamentale (Man's Search for Meaning, 1946). Lorsque la question « Pourquoi est-ce que je lis ce chapitre ? » reste sans réponse, le cerveau perçoit une menace. Il coupe l’énergie. Il s’agit d’une réaction biologique.

Une grande partie de la perte de motivation provient du fait que cette question n’a pas trouvé de réponse quelque part. L’expression « ça me semble absurde » n’est pas un problème de motivation, mais le signe que la question du sens n’a pas encore trouvé de réponse.

« La motivation n’est pas quelque chose qui se donne ou qui se gagne ; c’est le résultat des conditions que l’on traverse. » > Edward Deci, Why We Do What We Do, 1995

Le point de vue de Cevvela

  • La perte de motivation scolaire n’est pas de la paresse ; elle indique généralement que l’un des besoins d’autonomie, de compétence ou de relation n’a pas été satisfait depuis longtemps (Deci et Ryan, 2000).
  • Tenter de remplacer la motivation intrinsèque par des pressions extérieures (peur des examens, famille) peut sembler fonctionner à court terme, mais conduit à l’épuisement à long terme.
  • L’expression « ça n’a pas de sens » est davantage une question qu’une plainte : le sens n’a pas encore été établi.
  • La solution au problème de motivation ne réside souvent pas dans le fait de travailler davantage ; elle commence par identifier quel besoin est en manque.
  • Dans ce contexte, le coaching peut servir à relancer la question du sens et à raviver le sentiment d’autonomie par de petites étapes concrètes.

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