Femmes qui courent avec les loups
CevvelaFemmes qui courent avec les loups
Clarissa Pinkola Estés · Ayrıntı Yayınları · 1992
Résumé
"Femmes qui courent avec les loups", de Clarissa Pinkola Estés, est un voyage au cœur de la psyché féminine — guidé par les mythes, les contes et les légendes. Estés y réveille ce qu'elle nomme la "femme sauvage" : cet instinct originel, créateur et libre, que tant de femmes ont appris à museler. Le livre n'est pas un manuel de développement personnel. C'est une invitation à descendre en soi, à retrouver des émotions enfouies, des intuitions étouffées, une vitalité longtemps mise sous clé. À travers archétypes et symboles, Estés offre aux lectrices un miroir rare — celui d'une nature profonde qui n'a jamais vraiment disparu.
Citations de Cevvela
“Avant même d'atteindre la vingtaine, les femmes ont déjà été tuées mille fois. Elles ont voulu aller quelque part — dans n'importe quelle direction — et on les a arrêtées. Leurs espoirs ont été brisés. Leurs rêves, étouffés. Quiconque prétend le contraire dort encore.”
“L'ignorance, ce n'est pas de ne rien savoir et de se laisser séduire par ce qui brille. L'innocence, c'est de tout savoir — et de se laisser séduire quand même.”
“Être forte ne signifie pas gonfler ses muscles. Cela signifie rencontrer sa propre part de divin sans fuir, vivre en accord sauvage avec la nature selon ses propres termes. Cela signifie pouvoir apprendre — et supporter ce que l'on sait déjà. Tenir. Et continuer à vivre.”
“Il est essentiel d'être un arbre qui fleurit et qui garde l'humidité en lui. Sinon, on se brise.”
“Le moteur de la vie créatrice — son cœur, sa moelle — c'est le jeu, pas la discipline. L'envie de jouer est un instinct. Sans jeu, pas de vie créatrice. La sagesse forcée la tue. L'immobilité silencieuse la tue. Quand on ne parle, ne pense, n'agit qu'avec la plus grande solennité, il ne reste presque plus de sève créatrice. Tout groupe, toute institution, toute organisation qui encourage les femmes à mépriser ce qui est étrange, à se méfier de ce qui est nouveau et inhabituel, à fuir ce qui est ardent, enthousiaste et inventif, à effacer ce qui est personnel — ce groupe-là réclame une culture de femmes mortes.”
Citations des lecteurs
No approved reader quotes yet.
Noter en tant que lecteur
Choisissez une note de 1 à 10. Enregistrement immédiat ; un seul vote par appareil pour ce livre.
Note des lecteurs: 7.8 / 10(232 votes)
Commentaires des lecteurs
No approved reader comments yet.
"Femmes qui courent avec les loups" n'est pas un livre qu'on lit distraitement. C'est une œuvre qu'on traverse, parfois à tâtons, parfois avec le souffle coupé.
Clarissa Pinkola Estés, psychanalyste jungienne et conteuse, y tisse ensemble mythologie, folklore et psychologie pour remonter à la source de ce qu'elle appelle la "nature instinctuelle" des femmes. Une nature que les siècles ont souvent cherché à discipliner, à réduire au silence, à rendre présentable. Le propos du livre, dans sa radicalité tranquille, est simple : cette nature n'a pas disparu. Elle attend.
L'un des grands atouts de l'ouvrage réside dans son usage des archétypes universels. Estés ne théorise pas depuis une tour d'ivoire — elle raconte. La Barbe-Bleue revisitée, La Petite Sirène, La Femme Squelette : chaque récit devient une loupe posée sur un fragment de vie intérieure. Les lectrices qui se sont un jour senties coupées de leur propre élan, de leur colère, de leur joie créatrice, y trouveront souvent quelque chose qui ressemble à une reconnaissance.
Il faut néanmoins être honnête : le livre est dense. La langue d'Estés est riche, parfois enveloppante jusqu'à l'excès. Certains passages demandent qu'on s'arrête, qu'on revienne, qu'on laisse décanter. Ce n'est pas une lecture linéaire — c'est davantage un compagnon qu'on reprend au fil du temps, selon où l'on en est dans sa propre histoire.
Mais pour celles qui cherchent à renouer avec une part d'elles-mêmes mise de côté — par l'éducation, par la pression sociale, par l'habitude d'être "raisonnable" — ce livre est une ressource précieuse. Pas parce qu'il donne des réponses faciles. Justement parce qu'il n'en donne pas. Il pose des questions plus anciennes, plus profondes, et il fait confiance à la lectrice pour trouver son propre chemin.
"Femmes qui courent avec les loups" est une œuvre qui a traversé les décennies sans vieillir, parce qu'elle touche à quelque chose d'intemporel : le désir de vivre en accord avec ce que l'on est vraiment.