Articles | Cevvela
Articles
Cevvela·6/10/2026·5 min de lecture

Pourquoi le mentorat échoue

Pourquoi le mentorat échoue

La plupart des relations de mentorat ratées portaient en elles les signes de leur échec dès le premier jour. Les deux parties ne le voient pas. Après quelques échanges, la relation se délite sans bruit — et chacun repart avec la même conclusion : « le mentorat, ça ne marche pas ».

Pourtant, le problème n'est pas le mentorat. C'est la façon dont cette relation particulière a été construite.

La mauvaise alchimie

C'est la cause la plus fréquente, et la moins identifiée.

Les titres peuvent correspondre, le secteur aussi — mais les valeurs, non. Si la conception du travail, la définition du succès et la façon de communiquer de votre mentor ne résonnent pas avec les vôtres, la relation sera laborieuse, quelle que soit son expertise.

Cette incompatibilité de fond est souvent perceptible dès la première rencontre, mais on préfère l'ignorer. « Peut-être qu'on s'apprivoisera avec le temps. » En général, non.

Des attentes floues

Ceux qui entrent dans une relation de mentorat en disant « je cherche un soutien général » en ressortent presque toujours déçus.

Quand les attentes sont vagues, le mentor ne sait pas sur quoi se concentrer. Chaque séance part dans une direction différente. Rien ne s'accumule. Les deux parties finissent par douter de l'utilité de la relation.

Avant même de commencer, une question mérite une réponse honnête : qu'est-ce que je veux avoir accompli dans six mois grâce à cette relation ? Si vous ne savez pas y répondre, vous n'êtes peut-être pas encore prêt pour le mentorat.

L'absence de cadre

À quelle fréquence se retrouve-t-on ? Combien de temps durent les séances ? Qui prépare l'ordre du jour ? Tant que ces questions restent sans réponse, la relation se brouille vite.

Si ces points ne sont pas discutés lors de la première rencontre, les rendez-vous commencent à se décaler en quelques semaines. L'un dit qu'il est débordé, l'autre hésite à relancer. La relation n'est plus vraiment vivante — mais personne ne le dit.

Un cadre, ce n'est pas de la méfiance. C'est le sol sur lequel la confiance peut pousser.

Le déséquilibre de la parole

Un bon mentorat n'est ni une conversation entre pairs ni un monologue.

Si le mentor occupe chaque séance à raconter sa propre trajectoire, vous devenez simple spectateur. C'est peut-être instructif — mais ce n'est pas du mentorat. Il vous faut une relation où quelqu'un vous voit vraiment, questionne votre situation spécifique, vous donne un retour qui vous appartient.

À l'inverse, certains mentors renvoient chaque question sans jamais offrir leur point de vue. Ce n'est même pas du coaching — c'est de l'écoute passive. Les mentors qui trouvent l'équilibre entre partager leur expérience et poser les bonnes questions sont rares.

La responsabilité de faire vivre la relation

On ne attend généralement pas du mentor qu'il entretienne la relation. Et c'est juste. C'est en grande partie au mentoré de la faire vivre.

Préparer l'ordre du jour, envoyer les demandes de rendez-vous, prendre des notes entre les séances, suivre sa propre progression — tout cela revient au mentoré. Celui qui ne s'en charge pas finit par rendre son mentor passif, lui aussi.

Que faire quand ça ne marche pas ?

Plutôt que de disparaître dans le silence, mieux vaut clore la relation clairement. Un retour honnête, même bref, est utile pour les deux parties. « Ce format ne me convient pas, je préfère mettre fin à notre collaboration » — cette phrase suffit.

Ensuite, posez-vous la question : qu'est-ce qui n'a pas fonctionné, et que ferais-je différemment la prochaine fois ?

Le mentorat n'est pas un produit fini. Il se construit par essais, par ajustements, par apprentissage.

×
×