De quoi parler lors d'un premier entretien de mentorat
Lors d'un premier entretien, beaucoup de gens consacrent ces 50 minutes à se présenter, à raconter leur parcours depuis le début. L'entretien se termine, le mentor a écouté, vous avez parlé. Mais rien n'a vraiment été posé.
Un premier entretien n'est pas une présentation de CV. C'est une séance pour poser un cadre.
Par où commencer ?
Avant d'arriver, posez-vous cette question : dans un an, qu'est-ce que je veux avoir obtenu de cette relation ?
Si votre réponse s'arrête à « progresser dans ma carrière », creusez un peu. Quelle décision n'arrivez-vous pas à prendre ? Sur quel sujet sentez-vous que vous avez des angles morts ? Où est-ce que vous vous sentez bloqué·e sans savoir pourquoi ?
Apportez ces réponses à l'entretien. On ne peut pas embarquer quelqu'un dans un voyage dont on ne connaît pas soi-même la destination.
Ce qu'il faut aborder lors de l'entretien
Résumez votre contexte
Pas besoin de raconter toute votre histoire professionnelle. Où en êtes-vous aujourd'hui, comment vous y êtes-vous retrouvé·e, et surtout : qu'est-ce qui vous pèse en ce moment ?
Si vous pouvez transmettre ces trois points en 5 à 7 minutes, vous avez posé une bonne base pour la suite.
Exprimez clairement ce que vous attendez
« Je cherche un soutien général en mentorat » ne dit pas grand-chose. Être plus précis·e rend l'entretien utile.
Des formulations comme « Je suis curieux·se de savoir ce que vous avez vécu lors de votre passage à un poste de manager » ou « J'ai une décision à prendre et j'aurais besoin d'un regard extérieur » sont bien plus efficaces.
Parlez de comment vous allez travailler ensemble
Comment allez-vous communiquer ? À quelle fréquence vous retrouver ? Les entretiens seront-ils structurés ou adaptés selon les besoins du moment ? Y a-t-il un accord clair sur la confidentialité ?
Si ces questions sont posées dès le premier entretien, les frictions seront rares par la suite. Si elles ne le sont pas, chacune deviendra une source de malentendus.
Comprenez l'approche de votre mentor
Posez-lui aussi la question : « En général, comment travaillez-vous ? Vous avez plutôt tendance à orienter, ou à avancer par les questions ? »
La réponse vous dira à la fois comment la relation va se construire, et si cette personne vous convient vraiment.
Ce qu'il vaut mieux éviter
Des questions comme « Que dois-je faire pour réussir ? » mettent le mentor dans une position inconfortable et ne vous apportent pas grand-chose. Ce genre de question appelle un livre entier, pas un entretien.
Les questions trop larges appellent des réponses trop générales. Et les réponses générales ne vous appartiennent pas vraiment.
Après le premier entretien
Dès que l'entretien est terminé, notez quelque chose. Ce que vous avez entendu, ce que vous avez ressenti, ce qui vous a surpris·e.
Si l'entretien s'est bien passé, envoyez un court message de suivi. Pas pour remercier, mais pour clarifier la prochaine étape : « Comme vous l'avez suggéré, retrouvons-nous le mois prochain. Je pense apporter tel sujet à l'ordre du jour. »
Ce message en dit long sur vous au mentor : il sait qu'il va travailler avec quelqu'un de préparé.
